Cohorte régionale sur les alternatives au désherbage chimique

Le projet vise à former les producteurs sur des méthodes de contrôle de la végétation spontanée alternatives aux herbicides chimiques, telles que le désherbage mécanique ou électrique, et l’utilisation de couverts végétaux.
Le recours à des méthodes alternatives aux herbicides chimiques est pertinent aussi pour des producteurs en régie conventionnelle. En effet, entre 2011 et 2019, le Service de détection a reçu 342 échantillons soupçonnés d’être résistants aux herbicides et 433 tests ont été réalisés. 209 échantillons ont été classés comme résistants, soit 48,3% des échantillons traités (Flores-Mejia et al., 2019).
L’utilisation d’équipements de désherbage mécanique aide à contrôler les mauvaises herbes ayant survécu au traitement chimique, et à réduire le risque de
développement de nouvelle résistance. De plus, dans un contexte d’augmentation des températures et d’augmentation du stress hydrique estival, les fenêtres d’application optimales de la plupart des herbicides se réduisent. Le recours à des méthodes de contrôle diversifiées, incluant des couverts végétaux et du sarclage mécanique, permet d’optimiser la gestion des mauvaises herbes.
La moitié des participants sont en régie biologique et l’autre en régie conventionnelle. Les activités de cette cohorte permettent d’évaluer les pour et les contre de différents équipements et méthodes de désherbage non chimiques, et de discuter de la mise en place de ces stratégies chez les producteurs participant, selon leur régie.
Les activités réalisées incluent 3 activités de réseautage entre producteurs, sur les sujets suivant :
• démonstration de calibration d’une herse étrille (peigne) en passage de pré-levée dans le soya, avec Jean-Pierre Hivon du CETAB;
• exposition d’équipements combinés pour le sarclage mécanique et le semis d’une culture de couverture intercalaire en post-levée dans le maïs grain, avec Jean-Pierre
Hivon du CETAB;
• visite de champ de soya sur paillis de seigle roulé et démonstration de Weed Zapper.
2 activités de formation ont également eu lieu :
• progression de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides en Montérégie, par Sandra Flores-Mejia du CEROM;
• désherbage mécanique de précision : systèmes de guidage GPS, autopilotage des outils, équipements d’arrosage en bande, et dernières nouveautés en équipements de
désherbage, par Vincent Machabée d’Innotag et Cédric Audette de JLD Laguë.
Grâce aux démonstrations au champ et au partage de connaissances, les retombées attendues sont d’optimiser les performances des cultures et de favoriser des pratiques agricoles économiquement et écologiquement responsables. La formule de groupe permet d’accélérer l’apprentissage collectif par le partage d’expériences entre pairs, et de soutenir l’engagement individuel par la mobilisation collective. Au plan économique, le développement de formations, de protocoles et d’outils de suivi au champ peuvent être mutualisés au bénéfice de tous.
Ce projet est réalisé grâce au soutien financier du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
