Cohorte régionale sur les cultures fourragères

Le projet vise à favoriser l’amélioration de la régie et de la rentabilité des cultures fourragères
pérennes et annuelles chez un groupe d’entreprises agricoles de la Montérégie cultivant des
plantes fourragères, pour l’alimentation du bétail de la ferme ou pour la commercialisation. Le
groupe compte aussi bien des entreprises en régie conventionnelle que biologique.

En Montérégie, on observe une tendance à la réduction des surfaces en fourrages, et notamment
en prairies, et ce même chez les fermes en production laitière ou bovine. La recherche de
rentabilité pousse plusieurs producteurs à importer le fourrage nécessaire à l’alimentation du
troupeau, et à consacrer les terres à des cultures annuelles commerciales, notamment maïs
grain et soya, plus rémunératrices. Or, si le bilan économique est amélioré, la simplification de la
rotation et l’abandon de cultures pérennes au profit de cultures annuelles sarclées entraînent
une perte de matière organique et une dégradation de la santé des sols. En effet, celles-ci
génèrent moins de racines, sur une moins grande période de l’année et laissent beaucoup de sol
à nu même en cours de saison.

Améliorer la régie et la rentabilité des cultures fourragères annuelles et pérennes favorisera leur
conservation et contribuera à enrayer cette tendance. Les prairies sont particulièrement
efficaces pour améliorer la qualité de la structure des sols, et augmenter à la fois le carbone
stable et l’activité microbienne des sols. De plus, chez la plupart des fermes participantes, elles
s’insèrent en rotation avec des grandes cultures annuelles. Leur conservation augmente la
capacité de fourniture d’azote du sol et permet ainsi de réduire les apports d’engrais azotés dans
la culture sur retour de prairies, généralement le maïs grain ou ensilage.

Les activités réalisées incluent 3 activités de réseautage entre producteurs, sur les sujets suivants :

• implantation automnale de prairies, avec Patricia Leduc d’Agri Conseils Maska;

• régie du maïs ensilage : résultats d’essais de fongicides, stratégie de fertilisation, risque de toxicité aux nitrates, avec Caroline Sévigny du Groupe Pleine-Terre et Eveline Mousseau du Groupe ProConseil;

• utilisation de l’application d’Agro-Météo pour suivre l’évolution des degrés jours et déterminer la date de fauche optimale en saison et pour la dernière fauche automnale
dans les luzernières, liens avec les observations terrain et conseils pratiques, par Marie-Eve Dubuc et Carrolyn O’Grady du MAPAQ Montérégie.

2 activités de formation ont également eu lieu :

• interprétation des analyses d’ensilage, et lien avec la régie au champ, par France Bélanger du MAPAQ Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec;

• régie et potentiel de différents fourrages annuels pour répondre à un problème d’approvisionnement en fourrages dû à une mortalité hivernale, par Philippe Séguin de
l’Université McGill.

Compte-tenu de la popularité de cette cohorte, elle a été renouvelée pour une seconde édition.

Les activités prévues incluent 3 activités de réseautage entre producteurs sur les sujets suivants :

• exposition de différents modèles de semoirs à semis-direct utilisables pour des
sur-semis

• caravane Santé des sols du MAPAQ adaptée aux prairies;
• visite du laboratoire d’analyses de fourrages MasterLab (Trouw Nutrition) de Shur-Gain.

2 activités de formation sont également prévues :

• fertilisation à l’implantation et pour l’entretien des prairies, et nouvelles grilles de fertilisation du CRAAQ, avec Julie Boisvert d’Agri-Durable;

• risques et prévention des mycotoxines dans les ensilages de maïs et d’herbe, et risques de toxicité aux nitrates et à l’acide prussique dans l’herbe de Soudan et les prairies, avec Jean-Philippe Laroche de Lactanet.

Grâce aux démonstrations au champ et au partage de connaissances, les retombées attendues sont d’optimiser les performances des cultures et de favoriser des pratiques agricoles économiquement et écologiquement responsables. La formule de groupe permet d’accélérer l’apprentissage collectif par le partage d’expériences entre pairs, et de soutenir l’engagement individuel par la mobilisation collective. Au plan économique, le développement de formations, de protocoles et d’outils de suivi au champ peuvent être mutualisés au bénéfice de tous.

Ce projet est réalisé grâce au soutien financier du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec