Cohorte régionale sur les matières résiduelles fertilisantes

Le projet vise à informer les producteurs sur le potentiel des matières résiduelles fertilisantes(MRF) comme engrais organique ou amendement, pour améliorer la fertilité des sols et lerendement des cultures, dans une perspective de stratégie de fertilisation durable.

En effet, de nombreuses fermes de la Montérégie sont spécialisées en grandes cultures et ne produisent plus de fumiers. L’importation de fumiers et lisiers est souvent restreinte par les volumes disponibles, l’éloignement géographique ou le prix. A cet égard, les MRF représentent une intéressante source alternative de matière organique à coût modique.

De nombreuses fermes étant situées proches de centres urbains, la valorisation agricole de MRF issus d’usines d’épuration, du traitement des bas bruns ménagers ou de l’industrie agroalimentaire constitue un beau modèle d’économie circulaire, contribuant à la fois à répondre à la fois à l’atteinte des objectifs du Ministère de l’Agriculture de réduction de l’utilisation des engrais minéraux sur les fermes de grandes cultures, et aux objectifs du Ministère de l’Environnement de réduction des volumes de produits voués à l’enfouissement des Municipalités.

De nombreux travaux de recherches effectués par les universités, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement, Agriculture et Agroalimentaire Canada et l’industrie, ont démontré l’impact positif de plusieurs MRF sur la fertilité des sols et les rendements des cultures. L’utilisation de ces produits en agriculture soulève toutefois de nombreuses questions chez les agriculteurs, notamment en lien avec la présence de contaminants. Les activités de la cohorte permettront de démystifier les différents types de MRF disponibles pour les agriculteurs de la Montérégie, leur origine et leur processus de fabrication, les traitements requis pour la valorisation agricole, le cadre réglementaire entourant leur utilisation sur les fermes, et les données scientifiques les plus récentes sur les bénéfices et les risques
agronomiques.

Les activités réalisées incluent 3 activités de réseautage entre producteurs, sur les sujets suivant :

• visite de l’usine de biométhanisation de Varennes SÉMECS;

• présentation des produits offerts aux producteurs de la Montérégie par différentes compagnies de valorisation : Andana, Englobe, Viridis, SÉMECS;

• présentation des résultats du projet structurant sur l’utilisation des MRF en agriculture, avec Rim Benjannet de l’Université Laval, et bilan sur les résultats agronomiques et les aspects pratiques des produits utilisés chez les participants.

3 activités de formation ont également eu lieu :

• présentation du projet structurant sur l’utilisation des MRF en agriculture, visant à évaluer leur valeur fertilisante et leurs impacts environnementaux, avec Lofti Khiari de l’Université Laval;

• présentation sur l’impact des épandages de biosolides municipaux sur les apports en glyphosate et en AMPA, et la persistance de ces composés dans les sols agricoles, et
discussions autour de la controverse entourant l’utilisation de MRF en agriculture, avec Ariane Charbonneau du Groupe ProConseil étudiante à la maîtrise à l’UQAM.

Grâce aux visites et interventions d’experts, et au partage de connaissances, les retombées attendues sont d’optimiser les performances des cultures et de favoriser des pratiques agricoles économiquement et écologiquement responsables. La formule de groupe permet d’accélérer l’apprentissage collectif par le partage d’expériences entre pairs, et de soutenir l’engagement individuel par la mobilisation collective. Au plan économique, le développement de formations, de protocoles et d’outils de suivi au champ peuvent être mutualisés au bénéfice de tous.

Ce projet est réalisé grâce au soutien financier du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec