Plantes pièges contre la punaise terne dans l’aubergine

Le projet vise à évaluer l’impact d’une bande florale en bordure d’une parcelle d’aubergines sur les populations de punaises ternes, en production biologique.

L’utilisation des plantes pièges est une méthode alternative de contrôle connue et bien documentée. La durée de la floraison des plantes pièges est cependant cruciale puisque ces plantes ne sont efficaces pour attirer les ravageurs que dans la mesure où leur floraison coïncide avec la présence au champ des ennemis des cultures. Souvent, la fin de la floraison signifie un transfert vers la culture maraîchère.

Les activités réalisées incluent :

• implantation, chez un producteur maraîcher en régie biologique, d’une bande de sarrasin et de canola de printemps à floraison continue, deux plantes reconnues comme étant très appréciées par la punaise terne. Les deux plantes ont été ensemencées successivement sur deux bandes parallèles à trois reprises au cours de l’été (21 mai, 13 juillet, 1er août), afin d’avoir une floraison continue;

• captures de punaises à trois reprises au cours de l’été (10 juillet, 29 juillet, 3 septembre)  à l’aide d’un filet fauchoir;

• à chaque capture, décompte des punaises sur les plants ainsi que des pertes de fleurs (fleurs au sol), afin de vérifier la présence du ravageur sur la culture d’aubergines ainsi que les dégâts sur les boutons floraux.

Les retombées attendues sont l’acquisition de connaissances quant au potentiel de l’utilisation de bandes de plantes pièges comme méthode alternative de lutte à la punaise terne pour les entreprises maraîchères en régie biologique au Québec.

Ce projet a permis de constater que ce ravageur, adulte et nymphe, est bien présent tout au long de la saison et que tous les stades (nymphe, adulte) semblent attirés par les fleurs de canola et de sarrasin, avec une préférence pour celles du canola.

Malgré ces résultats, le projet tel qu’il a été réalisé ne peut malheureusement pas s’appliquer chez tous les producteurs maraîchers. D’abord, la dimension importante de la bande florale n’est pas réaliste pour la majorité des producteurs. Ensuite, le choix du canola comme plante piège n’est pas souhaitable pour les producteurs de crucifères, car il risque d’attirer également la cécidomyie du chou-fleur, un autre ennemi des cultures encore plus dommageable que la punaise terne. De plus, les coûts reliés à ce moyen de contrôle alternatif doivent être considérés avant l’implantation de la bande, les frais les plus importants étant ceux reliés à la main-d’œuvre (plusieurs semis par saison) et au coût des semences.

Ces projets sont réalisés grâce à un financement du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, dans le cadre du programme d’appui au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en région (PADAAR)