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Investir aujourd’hui ou attendre, quelle option choisir? (octobre 2018)

Cette question revient souvent lors des discussions avec les producteurs et nous avons toujours beaucoup de difficultés à nous positionner clairement en faveur d’une situation ou de l’autre. Nous avons donc mis sur papier nos conditions préalables à l’investissement et, à l’aide de notre moyenne et d’un modèle que nous avons créé, nous avons pu illustrer en chiffres les impacts du statu quo et de l’investissement.

Dans nos calculs, nous parlons d’investissements à la hauteur de 10 500 $/place (infrastructures) et nous considérons que le quota laitier doit être acheté à 100 % (pas de don). Nous pensons que les charges fixes augmenteront de façon proportionnelle à la hausse du nombre d’animaux puisque les charges variables totales demeurent les mêmes en $/kg de gras produit (donc amélioration des charges par vache).

Selon nos calculs, avec une hausse de productivité de l’ordre de 1000 litres/vache, la marge d’exploitation additionnelle de l’entreprise serait de 80 500 $, ce qui représente un délai de récupération sur l’investissement de 19 ans (à 3,5 % d’intérêt), ce qui est très long. Nous nous sommes donc questionnés à savoir pourquoi ce serait intéressant de procéder aux investissements alors que le délai de récupération était aussi long.

En comparant une entreprise qui choisit d’investir avec une entreprise qui opte pour le statu quo, pour une hausse de la productivité de 1000 litres/vache, il faut 15,7 ans pour que l’entreprise ayant investi puisse rattraper une entreprise ayant choisi le statu quo. Ainsi, à partir de la 16e année, l’entreprise ayant investi surpasse le solde résiduel cumulatif de l’entreprise en situation de statu quo, mais ce qui est le plus intéressant, c’est que l’entreprise ayant investi sera en mesure de supporter une dette supplémentaire de 1 150 000 $ sur 20 ans, ce qui n’est pas négligeable aujourd’hui dans le contexte de valeur croissante des entreprises agricoles.

Toujours en effectuant le même calcul comparatif entre l’investissement et le statu quo, mais en supposant une hausse de la productivité de 1500 litres/vache, il faut 14,2 ans à l’entreprise pour revenir à une situation égale à celle du statu quo et cette fois-ci, la dette supplémentaire qu’elle pourrait supporter serait de 1 500 000 $ sur 20 ans au moment du transfert.

Évidemment, il faut évaluer les coûts et les bénéfices d’investir ou de garder le statu quo. Il y a également certaines conditions qui doivent être respectées avant de pouvoir aller de l’avant avec un tel projet :

  • Le taux d’endettement avant-projet doit être de moins de 20 %;
  • Le troupeau doit déjà démontrer un bon niveau de productivité;
  • Le solde résiduel doit être supérieur à 10 % et l’entreprise doit déjà être en mesure de bien contrôler ses charges variables.

Finalement, il faut se rappeler que ces calculs ne sont que théoriques et ne prennent pas en considération certains éléments comme la variabilité du prix du lait, la hausse des coûts d’investissements potentiels ou encore des problématiques de santé du troupeau affectant la productivité! Il faut donc toujours être préparé en tant que propriétaire à gérer certains impondérables et à envisager d’autres solutions, telles que des congés de capitaux et des risques financiers un peu plus importants que prévu! Il faut bien valider les pour et les contre afin d’être confortable avec nos choix et de pouvoir bien dormir le soir.

Catherine Dessureault, agr., conseillère en gestion agricole

La gestion humaine du changement (octobre 2018)

Dans plusieurs changements, l’aspect humain est négligé. Pourtant, c’est un facteur important qui a le pouvoir de propulser ou de freiner votre projet. Afin d’évaluer où se trouve votre équipe par rapport à un projet à venir, Céline Bareil, spécialiste du changement humain en entreprise, propose un modèle incluant sept phases de préoccupations qu’on traverserait lors d’un changement. Pour chaque phase, certaines interventions sont à prioriser afin de faciliter le bon déploiement du changement. L’écoute sincère et le questionnement permettent de saisir la phase où notre interlocuteur se trouve et, ainsi, offrir le soutien nécessaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même si la réaction naturelle devant un interlocuteur fermé à nos idées est de se fermer aussi, l’ouverture, l’écoute et le questionnement restent les approches qui ont le plus de chance d’être efficaces et qui vont favoriser le maintien de bonnes relations dans votre équipe de travail.

Pour plus d’informations, voir :

Décoder les préoccupations et les résistances à l’égard des changements, de Céline Bareil (2009)

Émylie Cossette, conseillère en relations humaines et transfert d’entreprise

Les taxes sur nos factures... Finis les maux de tête! (octobre 2018)

Plusieurs d’entre vous reçoivent régulièrement des factures du Groupe ProConseil ou de différents organismes de service agricole. Habituellement, la facture comprend des biens et/ou services qui, selon la loi, sont taxables (TPS et TVQ). Vous pouvez donc, assez facilement, voir le calcul de la TPS et de la TVQ au bas de la facture. Voici un exemple concret de ce genre de facture :

Facture 1

 

 

 

 

Là où ça se complique, c’est lorsqu’une facture inclut une subvention offerte par le MAPAQ. Pourquoi devez-vous payer la totalité des taxes si votre facture est réduite du montant de la subvention ? Parce que la portion de la subvention est considérée comme un paiement d’une partie de la facture et qu’un paiement n’est pas taxable, car ce n’est ni un bien, ni un service. Voici un autre exemple concret de facture :

Facture 2

 

 

 

 

Comme vous l’aurez remarqué, la TPS et la TVQ sont identiques et la valeur du service est la même dans les deux cas. La subvention représente une aide pour payer la deuxième facture, mais le service original reste le même et est donc taxable en totalité.

Dans les deux cas, le montant de réclamation des TPS et TVQ sera le même sur votre demande de remboursement de taxes.

Nathalie Théberge, technicienne en comptabilité